« Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas ». Voilà la déclaration d’Emmanuel Macron qui a provoqué l’indignation de toute la classe politique, de droite comme de gauche, et qui lui ont valu d’être aligné par la presse ! On l’accuse de « mépris de classe », d’insulter la « France-d’en-bas ». Vraiment ? 

La communication selon Macron : élitisme… ou populisme ?

Emmanuel Macron (C), head of the political movement En Marche !, or Onwards !, and candidate for the 2017 presidential election, kicks a soccer ball during a campaign visit in Sarcelles, near Paris, April 27, 2017. REUTERS/Martin Bureau/Pool

Ce n’est pas la première fois que Macron soulève un tollé avec des propos perçus comme méprisants par les commentateurs et ses adversaires politiques (cf les “fainéants”). Cependant, ses “dérapages” semblent très contrôlés et s’inscrire dans une stratégie de communication : Macron n’est pas homme à laisser quoi que ce soit au hasard, à ne pas maîtriser sa parole.

Ces déclarations rentrent parfaitement dans son storytelling, croisé en guerre contre l’immobilisme dans notre pays, contre ceux qui nous bloquent, qui font la grève au lieu de bosser, qui ne font rien et ne sont rien (coucou les passants des gares !). Le Président de la République, tout Jupiter qu’il ait été, nous semble faire à dessein un pied de nez aux élites en adoptant des termes de langage très crus, proches de ce qu’on pourrait entendre au PMU du coin. Les media et la classe politique tombent à chaque fois dans le panneau en criant au scandale.

Jupiter au bar PMU :  fail ou bien vu ?

Comme le prône la communication communautaire, la seule qui vaille à l’ère des réseaux sociaux et de la fragmentation de « la société », il faut s’adapter aux codes de langage de ses cibles pour se faire entendre d’elles. C’est visiblement le parti pris du président qui, à l’inverse de l’élitisme dont l’accusent souvent ses adversaires, tente manifestement de se rapprocher des classes populaires en utilisant du langage de comptoir et des images d’Epinal (les manifestants ne sont que des glandeurs).

Est-ce un coup gagnant en termes d’image ? Sa stratégie de communication portera-elle ses fruits ? Donnez-nous votre avis !