Le dérèglement climatique et les tensions sociales, communautaires notamment, se multiplient dans le monde. Un changement radical est vital. Pourtant, les actions ne sont pas à la hauteur des enjeux. Comment changer cela, comment donner une ampleur et un impact suffisant aux bonnes volontés et aux énergies qui se multiplient ? Témoignage et conseils très opérationnels de Cyril Dion, co-réalisateur avec Mélanie Laurent du film “Demain” (1,2 million d’entrées, César du meilleur documentaire en 2016), et qui vient de publier Petit Manuel de résistance contemporaine.

Dans ce livre, il prône une nouvelle méthode pour lutter contre le réchauffement planétaire : le storytelling. Raconter une autre histoire de l’humanité, pour changer notre regard et que nous adoptions  une autre façon de vivre, voilà son pari.

”Demain” raconte des actions mises en place à travers le monde par des pionniers qui cherchent à vivre autrement, d’une façon moins destructrice de l’environnement.  Mais l’enjeu principal ne réside pas dans les comportements individuels, il est de changer de modèle de société, de modifier nos comportements collectifs. Il y a urgence, c’est maintenant ou jamais…

Suite à la sortie de son  Petit Manuel de résistance contemporaine, Cyril Dion accordait une interview au Figaro. Il y explique que, pour changer les pratiques, il faut d’abord changer les  mentalités. Morceaux (éclairants) choisis.

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Les premières pages de votre livre sont inquiétantes… Vous évoquez un effondrement écologique et l’urgence de changer notre modèle. Comment concrètement faire prendre conscience de la nécessité d’agir pour éviter le pire?

« Il y a trois grands moyens de mobiliser en masse: les catastrophes, les dictatures ou les histoires. J’ai choisi la troisième option. Toutes les grandes organisations humaines reposent sur des récits. Aujourd’hui, le récit dominant s’appuie sur le dogme de la croissance. Il véhicule l’idée qu’il faut consommer pour être heureux et que l’argent est roi. Or cette croyance a un coût écologique et social qui pourrait conduire notre civilisation à sa perte. Nous avons besoin de renverser ce récit ultra-consumériste et technologique qui impose de travailler, d’emprunter, de consommer. Il faut agir sur le terrain culturel. Pour moi, les révolutions ne naissent pas sur le terrain politique mais dans l’imaginaire. Les grands changements sociaux ont commencé par ceux qui ont imaginé que c’était possible [Churchill disait : « Tout le monde savait que c’était impossible à faire. Puis un jour quelqu’un est arrivé qui ne le savait pas, et il l’a fait. »]. À l’image du message de Martin Luther King, dans «I have a dream».

C’était l’idée du film «Demain». Nous avons choisi de montrer des gens qui proposent d’autres récits sur l’agriculture, l’économie, la démocratie. Ils représentent un nouveau modèle de héros: des gens qui s’épanouissent en étant utiles. Le film a été une source d’inspiration pour beaucoup, des milliers de personnes nous ont dit qu’ils avaient changé de vie après avoir vu le film !

Cyril Dion, storytelling

Mais n’est-ce pas trop tard pour se réjouir de changements individuels?

Les changements individuels ne suffisent pas [c’est pour cela que com&unity publie de nombreux récits, exemples et preuves visant à inciter les entreprises à devenir de véritables acteurs du changement]. Pour autant, nous avons besoin d’y aller par étapes. Si vous vous donnez l’objectif de renverser le changement climatique, il y a 100% de chances que vous n’y parveniez pas du premier coup. Tout ce que vous ferez vous semblera insuffisant et il y a de grandes chances que vous vous découragiez. Un peu à l’image de la COP21. Tous les pays se sont mis d’accord pour signer un traité très ambitieux, mais au final aucun pays ne l’applique, car il n’y a pas de stratégie pour parvenir à l’objectif!

Je crois beaucoup en ce que dit Srdja Popovic, leader du mouvement qui a chassé Milosevic en ex-Yougoslavie: « Il faut voir grand mais commencer petit ». Selon lui, « les grandes victoires sont une succession de petites victoires atteignables » mises bout à bout.

L’exemple de l’association Bloom est probant. Cette association ne s’est pas fixé l’objectif de sauver les océans du jour au lendemain, mais d’interdire la pêche en eau profonde. Elle a mobilisé tout le monde sur cet objectif, mesurable, atteignable et a réussi à faire changer la loi. Cette victoire a donné de l’énergie à tous ceux qui se sont mobilisé pour aller vers un nouvel objectif: l’interdiction de la pêche électrique. Ce sont ces victoires successives qui peuvent tenir un mouvement dans la durée.”

Contribuer à mobiliser les bonnes volontés,  valoriser leur action et décupler leur impact sur les imaginaires en les portant aux sommets de Google :  telle est la mission que nous nous sommes assignée, chez com&unity. Nous sommes à votre disposition pour vous aider à réaliser un projet ou un rêve de ce type !

Pour en savoir plus sur les entreprises qui s’engagent au service du collectif, retrouvez notre article sur les 17 pionniers de l’entreprise au service du bien commun.

Pour en savoir plus sur l’évolution des habitudes de consommation des Français, qui sont de plus en plus responsables dans leur consommation, retrouvez notre article : Anti Gaspi : Dis moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es.