La diversité est source de richesse, surtout dans les économies de l’innovation. Dans son dernier discours de First Lady, Michelle Obama ne se contente pas de le rappeler et de plaindre les petits jeunes à la peau colorée qui vont vivre sous Trump…

Elle les incite à participer à la conversation nationale et à se battre, tous les jours, pour enrichir leur pays de leur point de vue.

« This country belongs to you, to all of you.The infusion of new cultures, talents and ideas, generation after generation : that has made us the greatest country on earth. » Même lesté de cette dernière phrase qui sent fort la “Manifest Destiny”, le dernier discours de Michelle Obama en tant que First Lady pourrait traverser l’Atlantique en VO.

La diversité est une chance inouïe, elle enrichit l’humanité jour après jour : les humanistes du monde entier connaissent le refrain. Dans un pays qui vient d’élire un Trump promettant la guerre aux musulmans et la chasse aux latinos, le message est clair. Mais il porte aussi fort dans une Europe et une France de plus en plus tentés par le repli sur soi, où chacun — sauf quelques gagnants de la mondialisation et passionnés de technologie — semble à la recherche de repères et de racines face aux bouleversements du monde : rester entre soi, à la recherche des “siens”, le regard rivé sur le rétroviseur, ça n’amène pas beaucoup de création. La consanguinité, c’est la fin de l’espèce. “Ce pays est à moi, à moi, à moi !”, c’est un discours de petit nain vert.

 

 

 

 

 

 

Mais Michelle Obama ne dit pas que ça. Elle ne se contente pas de rappeler que la raison d’être des Etats-Unis d’Amérique, ça a toujours été d’accueillir ceux qui ont fui leur pays d’origine pour échapper à l’oppression. Elle ne se contente pas de (re)donner de la fierté à celles et ceux qui ne se sentent plus bienvenus dans leur propre pays avec l’élection de Trump, en rappelant que le sang de la diversité coule dans les veines américaines. Elle ne se contente pas de donner un câlin aux victimes, actuelles et futures, de discours et de politiques qui s’annoncent très durs à l’égard de certaines communautés. Elle ne donne pas dans la victimisation compassionnelle : vous avez été opprimés, vous allez encore l’être, mais je suis avec vous, je souffre avec vous, mes soeurs et frères.

Michelle Obama place toutes celles et ceux qui seront touchés par son discours devant leurs responsabilités : vous avez le droit d’être qui vous êtes, avec vos différences, c’est ce qui fait notre richesse…mais ce droit, vous n’en êtes pas des bénéficiaires passifs, vous devez le mériter chaque jour. Vous n’êtes pas des victimes, battez-vous pour vous faire entendre et peser sur l’évolution de votre pays :

« You have the right to be who you are…but this right is not just granted to you. This right has to be earned, every single day. You cannot take your freedoms for granted. Just like generations who have come before you, you have to do your part. Right now you need to be preparing yourself to add your voice to our nationale conversation. »

Oui, les puissants de nos sociétés, ont une responsabilité particulière dans l’état dans lequel nos pays se trouvent — “With great power comes great responsibility”. Mais nous sommes tous, à nos niveaux, responsables de l’environnement dans lequel nous vivons.

 

 

 

 

 

 

 

Alors, au lieu de nous lamenter ou de passer notre temps à désigner les coupables, battons-nous, même comme un simple petit colibri, faisons notre part, activons nos pouvoirs, agissons sur ce sur quoi nous avons prise, à notre échelle. C’est nécessaire et indispensable pour notre bien-être mental, mais aussi et surtout si nous voulons que nos sociétés changent dans le sens qui nous paraît juste.

Le discours de Michelle Obama dans son intégralité :

 

 

 

 

 

 

 

 

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